Courbe de cycle de marché crypto avec phases de hausse et de baisse, illustration des cycles bull et bear

Bull run, bear market, bulle : comprendre les cycles crypto

Bull run, bear market, bulle, krach… le vocabulaire crypto donne le vertige, et il décrit pourtant une réalité simple : le marché respire par cycles. Des phases d’euphorie où tout le monde s’enrichit (sur le papier), puis de longs hivers où l’on n’en parle plus. Comprendre cette mécanique ne permet pas de prédire les prix — personne n’y arrive — mais d’éviter d’acheter au pire moment et de vendre au pire aussi. Voici les clés pour vous situer.

En bref

  • Un bull run est une phase de hausse durable et euphorique ; un bear market (« hiver crypto ») une longue phase de baisse et de stagnation.
  • Le marché suit un cycle en 4 temps : accumulation, hausse (bull), euphorie/distribution, puis baisse (bear) et capitulation.
  • Le halving du Bitcoin (tous les ~4 ans, dernier le 20 avril 2024) divise par deux la récompense des mineurs et rythme historiquement les grands cycles.
  • La psychologie de masse (peur, avidité, FOMO) amplifie les mouvements : le sentiment extrême est souvent un signal de retournement.
  • Le timing parfait est illusoire : le DCA et un horizon long restent les meilleurs alliés contre les émotions.

Bull run, bear market : de quoi parle-t-on ?

Un bull run (marché haussier, « du taureau qui encorne vers le haut ») désigne une période de hausse soutenue des cours, qui peut durer des mois et voir les prix être multipliés plusieurs fois. À l’inverse, un bear market (marché baissier, « l’ours qui frappe vers le bas »), surnommé « hiver crypto », est une longue phase de baisse et de stagnation où l’intérêt du grand public s’évapore. Ces deux régimes alternent : c’est ce qu’on appelle un cycle.

À ne pas confondre avec deux mouvements plus brefs et plus violents. Une bulle est une survalorisation excessive, déconnectée de toute réalité, alimentée par la spéculation et la peur de manquer. Un krach est sa contrepartie : une chute brutale et concentrée dans le temps, souvent l’éclatement de la bulle. La bulle et le krach sont des événements ; le bull et le bear sont des saisons.

READ  Réduire (légalement) l'impôt sur ses gains crypto

Le cycle crypto en 4 phases

Le marché avance presque toujours selon la même séquence. La reconnaître ne donne aucune certitude — chaque cycle a ses particularités — mais aide à comprendre où l’on se situe et, surtout, dans quel état d’esprit on prend ses décisions.

Phase Ce qui se passe Émotion dominante
Accumulation Prix bas après un krach, le marché stagne, plus personne n’en parle Désintérêt, méfiance, ennui
Hausse (bull run) Reprise régulière, puis accélération, médias enthousiastes Espoir, optimisme, confiance
Euphorie / distribution Records, FOMO, « tout le monde » achète, les initiés revendent Avidité, euphorie maximale
Baisse (bear market) Retournement, krach, liquidations en cascade Déni, peur, panique
Capitulation Ventes massives au plus bas, abandon généralisé Découragement, dégoût

Le piège est que les émotions arrivent systématiquement à contretemps des bonnes décisions : on a le plus envie d’acheter au sommet (avidité) et de vendre au plus bas (panique). Reconnaître la phase, c’est surtout reconnaître son propre état émotionnel.

Le halving du Bitcoin, métronome des cycles

Pourquoi ces cycles reviennent-ils avec une certaine régularité ? Une grande partie de l’explication tient au halving du Bitcoin. Tous les 210 000 blocs, soit environ tous les quatre ans, la récompense versée aux mineurs qui sécurisent le réseau est divisée par deux. Concrètement, le nombre de nouveaux bitcoins créés diminue : l’offre nouvelle se raréfie.

Halving Date Récompense par bloc
1er 28 novembre 2012 50 → 25 BTC
2e 9 juillet 2016 25 → 12,5 BTC
3e 11 mai 2020 12,5 → 6,25 BTC
4e 20 avril 2024 6,25 → 3,125 BTC
5e (prévu) ~2028 3,125 → 1,5625 BTC

Historiquement, chaque halving a précédé une grande phase de hausse, suivie d’un sommet puis d’un long hiver. C’est une corrélation observée, pas une loi physique. Le cycle 2024 présente d’ailleurs des particularités (poids croissant des investisseurs institutionnels) qui pourraient l’éloigner du schéma passé. Comme toujours : les performances passées ne préjugent jamais des performances futures.

Courbe de cycle de marche crypto avec phases de hausse et de baisse sur fond bleu, illustration pedagogique

La psychologie : le vrai moteur des excès

Si les prix montaient et descendaient gentiment, on parlerait peu de cycles. Ce qui les rend si violents, c’est l’émotion collective. Le marché oscille entre deux pôles : la peur et l’avidité. En phase de hausse, l’avidité et le FOMO (« Fear Of Missing Out », la peur de rater l’occasion) poussent à acheter de plus en plus haut. En phase de baisse, la peur puis la panique poussent à vendre de plus en plus bas.

READ  Combien suis-je taxé sur mes gains en cryptomonnaie en 2026

C’est ce qu’on appelle le cycle des émotions de l’investisseur : optimisme, euphorie, déni, peur, panique, découragement, puis de nouveau espoir. Le problème est que l’euphorie culmine près du sommet et le découragement près du creux — soit exactement à l’opposé de ce qu’il faudrait ressentir pour bien acheter ou vendre.

Pour mettre un chiffre sur cette ambiance, beaucoup suivent l’indice Fear & Greed (« peur et avidité »), gradué de 0 (peur extrême) à 100 (avidité extrême). L’idée contre-intuitive : une peur extrême peut accompagner des bas de marché, et une avidité extrême des sommets. Le sentiment de la foule est souvent un signal à contre-courant. Nous y consacrerons un article dédié, car cet indice mérite d’être utilisé avec prudence et jamais seul.

Pourquoi le « timing parfait » n’existe pas

La tentation est immense : acheter pile au creux de l’accumulation, revendre pile au sommet de l’euphorie. En pratique, c’est illusoire. On ne sait qu’un sommet était un sommet… qu’après coup. Les meilleurs et les pires jours de marché se concentrent souvent sur de très courtes périodes, et rater quelques séances suffit à anéantir une stratégie de timing.

La réponse raisonnable n’est pas de deviner, mais de se discipliner :

  • Le DCA (Dollar Cost Averaging) : investir une somme fixe à intervalles réguliers, quel que soit le cours. On lisse mécaniquement son prix d’achat et on s’épargne le stress de « choisir le moment ».
  • Un horizon long : sur plusieurs années, la position dans le cycle au jour J compte moins. Encore faut-il pouvoir bloquer cet argent sans y toucher.
  • Ne placer que ce qu’on peut perdre : la règle d’or, qui rend tous les cycles supportables.
  • Apprendre à analyser une cryptomonnaie plutôt que de suivre la foule : la qualité d’un projet compte plus que la phase du cycle.

Pour aller plus loin, nos guides pour apprendre la cryptomonnaie et acheter en sécurité posent les bases avant même de parler de cycles.

Notre avis

Connaître les cycles ne sert pas à jouer au devin, mais à se connaître soi-même. La phrase la plus dangereuse de la crypto, c’est « cette fois c’est différent » — qu’on l’emploie pour justifier une hausse infinie au sommet ou une chute définitive au creux. Les cycles ne se répètent jamais à l’identique, mais l’émotion humaine, elle, est d’une régularité confondante. Notre conviction tranchée : oubliez le timing, automatisez votre DCA, n’investissez que de l’argent que vous pouvez vraiment oublier, et coupez les notifications. Quand vous lirez partout qu’« il faut acheter maintenant », méfiez-vous ; quand plus personne n’en parlera, ce sera peut-être le moment de regarder. Ceci n’est ni un conseil en investissement ni une prédiction de prix.

READ  Le staking crypto : fonctionnement, rendement, fiscalité

Questions fréquentes

Combien de temps dure un cycle crypto ?

Historiquement, les grands cycles du Bitcoin ont duré environ quatre ans, en partie calés sur le rythme du halving. Mais ce n’est qu’une moyenne observée sur peu d’exemples : aucune règle ne garantit que les prochains cycles auront la même durée.

Le halving fait-il forcément monter le prix ?

Non. Le halving réduit l’offre de nouveaux bitcoins, ce qui a historiquement accompagné des hausses, mais il n’existe aucune garantie. D’autres facteurs (taux d’intérêt, demande, régulation, sentiment) pèsent tout autant. Corrélation passée ne vaut pas causalité automatique.

Comment savoir si on est en bull ou en bear market ?

On ne le sait jamais avec certitude sur le moment, seulement après coup. Les indices comme le Fear & Greed ou le comportement des prix donnent des repères, mais aucun n’est fiable à 100 %. C’est précisément à cela que sert le diagnostic en haut de page : situer une tendance, pas prédire l’avenir.

Faut-il acheter pendant un bull run ?

Acheter au cœur de l’euphorie, c’est souvent acheter cher, juste avant un retournement. C’est l’inverse de ce que dicte la prudence. Le DCA permet d’investir à tous les moments du cycle sans avoir à trancher cette question stressante.

Qu’est-ce que l’indice Fear & Greed ?

C’est un indicateur gradué de 0 (peur extrême) à 100 (avidité extrême) qui tente de mesurer le sentiment du marché. Utilisé comme signal à contre-courant, il rappelle que les émotions extrêmes accompagnent souvent les retournements. À manier avec prudence et jamais comme seul critère.

Quiz : maîtrisez-vous les cycles crypto ?

À lire aussi : que faire en cas de krach crypto, analyser une crypto avant d'investir et faut-il investir dans la crypto.


Auteur/autrice

  • Elise

    Je suis Élise, passionnée de finances, d’immobilier et de crypto, et j’accompagne depuis plus de dix ans des personnes qui veulent mieux gérer leur argent. Mon objectif : rendre simples des sujets qui paraissent compliqués, sans jargon ni prise de tête. J’aime partager mes expériences, mes succès comme mes erreurs, pour vous éviter les pièges et vous aider à avancer plus vite. À travers Time2Money, je vous guide vers plus de sérénité financière, étape par étape. Ensemble, on transforme vos projets en réalité.

Retour en haut