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Mille euros de départ, cent euros par mois, 5 % par an pendant vingt ans : le calculateur affiche 42 332 €. Le chiffre est juste, et il est trompeur. Une fois la flat tax payée et 2 % d’inflation annuelle déduits, il ne reste que 24 826 € de pouvoir d’achat — pour 25 000 € effectivement versés. Presque tous les calculateurs d’intérêts composés s’arrêtent au premier chiffre. Celui-ci va jusqu’au dernier.
En bref
- Le calculateur donne le capital final brut, puis l’impôt selon l’enveloppe, puis le résultat en euros d’aujourd’hui.
- Il compare les trois enveloppes à performance identique : livret exonéré, PEA après 5 ans, compte-titres à la flat tax.
- Il donne le point de bascule : l’année où les intérêts accumulés dépassent tout ce que vous avez versé.
- Trois leviers, par ordre de puissance : la durée, le taux, puis le montant. Dans cet ordre, et l’écart n’est pas serré.
- Convention retenue : capitalisation annuelle, versements de l’année crédités en fin d’année — la même que notre article de fond, pour que les deux pages ne se contredisent jamais.
Pourquoi la durée écrase le montant
L’intérêt composé produit des intérêts sur les intérêts déjà produits. La courbe est donc exponentielle, et une exponentielle ne se juge pas sur ses premières années — c’est ce qui rend l’intuition mauvaise conseillère.
Le point de bascule affiché par le calculateur le montre mieux qu’un long raisonnement : c’est l’année où le total des intérêts dépasse le total de ce que vous avez sorti de votre poche. Avec les valeurs par défaut, il tombe à la vingt-sixième année — soit six ans après la fin de l’horizon simulé. Autrement dit, sur vingt ans, vous n’avez pas encore vu la moitié du phénomène.
La conséquence pratique est contre-intuitive : commencer cinq ans plus tôt avec la moitié du versement bat presque toujours commencer plus tard avec le double. Le levier qui rapporte le plus n’est pas celui sur lequel on agit d’ordinaire.
| La règle des 72 | Taux annuel | Le capital double en |
|---|---|---|
| Livret A | 1,7 % | 42 ans |
| Fonds euros correct | 3 % | 24 ans |
| Portefeuille équilibré | 5 % | 14,4 ans |
| Actions, moyenne longue période | 7 % | 10,3 ans |
Divisez 72 par le taux, vous obtenez le nombre d’années de doublement. C’est une approximation, mais elle est excellente entre 1 et 10 % — et elle rend visible d’un coup d’œil ce que 1,7 % veut dire concrètement : quarante-deux ans pour doubler, quand l’inflation, elle, ne s’arrête pas. Le détail des taux figure dans notre article sur le Livret A 2026.

L’enveloppe change le résultat autant que le taux
À performance strictement identique, ce qui vous reste dépend de l’endroit où l’argent est logé. Le calculateur affiche les trois cas côte à côte ; voici ce qui les sépare.
| Enveloppe | Imposition des gains | Contrepartie |
|---|---|---|
| Livret réglementé | 0 % | Taux bas et plafonds de versement |
| PEA après 5 ans | 18,6 % de prélèvements sociaux | Actions européennes, blocage de fait 5 ans |
| Compte-titres | 31,4 % de flat tax | Aucune contrainte, aucun avantage fiscal |
L’écart n’est pas anecdotique : sur les valeurs par défaut, il atteint plus de 5 000 € entre le livret et le compte-titres, pour exactement le même rendement. Les prélèvements sociaux sont passés à 18,6 % en 2026 pour la plupart des placements financiers — le détail des taux et des exceptions figure dans notre article sur les prélèvements sociaux 2026. Le fonctionnement du PEA et celui du PER obéissent chacun à leur logique propre.
L’inflation, le paramètre qu’on retire toujours du calcul
C’est la ligne la plus utile du calculateur, et celle que presque aucun outil n’affiche. Un capital de 42 332 € dans vingt ans n’achètera pas ce que 42 332 € achètent aujourd’hui. À 2 % d’inflation, il faut le diviser par 1,49 pour obtenir son pouvoir d’achat réel.
Cette division change les conclusions. Un placement à 1,7 % avec 2 % d’inflation perd du pouvoir d’achat chaque année, même s’il en gagne en euros. C’est arithmétique, ce n’est pas une opinion — et c’est la raison pour laquelle une épargne de sécurité et une épargne de long terme ne se placent pas au même endroit. Pour la première, notre simulateur d’épargne de précaution calcule le montant à garder disponible ; au-delà, la question devient celle du rendement, abordée dans investir en bourse quand on débute.
Notre avis
Utilisez ce calculateur pour décider d’une durée, pas pour vous fixer un objectif de capital. La raison est simple : sur les trois paramètres, un seul vous appartient vraiment. Le taux est une hypothèse, pas une donnée — et une hypothèse à 7 % sur vingt ans engage un risque que la ligne de résultat ne montre pas. Le versement mensuel dépend de votre budget, pas de votre volonté. La durée, elle, se décide aujourd’hui et ne coûte rien. Notre réserve porte sur les taux élevés : un rendement constant n’existe pas, et une moyenne de 7 % obtenue avec deux krachs en chemin ne produit pas le même résultat qu’une progression régulière, parce qu’un retrait au mauvais moment brise la mécanique. Testez votre scénario à 3 % avant de vous fier à celui à 7 % : si le projet ne tient qu’au taux optimiste, ce n’est pas un plan, c’est un pari.
Nos sources
Taux des livrets réglementés : arrêtés relatifs aux taux de l’épargne réglementée, Banque de France. Taux des prélèvements sociaux sur les revenus du patrimoine et régime du PEA : loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 et code général des impôts, article 200 A. Prélèvement forfaitaire unique : article 200 A du code général des impôts. Cible d’inflation de 2 % : Banque centrale européenne. Barèmes vérifiés au 2 septembre 2026. Ce calculateur est un outil d’estimation ; les rendements passés ne préjugent pas des rendements futurs.
Questions fréquentes
Pourquoi le résultat diffère-t-il des autres calculateurs ?
À cause de la convention de capitalisation. Nous créditons les versements de l’année en fin d’année, sans intérêts sur l’année en cours : c’est la convention prudente. Un calculateur qui capitalise mensuellement affichera un peu plus. L’écart croît avec la durée, mais il ne change aucune conclusion.
Faut-il inclure l’inflation dans le taux plutôt qu’à part ?
Les deux fonctionnent, mais les séparer est plus lisible : vous voyez le montant que vous aurez réellement sur le relevé, et ce qu’il vaudra. Un taux « réel » unique masque le premier.
La règle des 72 est-elle exacte ?
C’est une approximation, excellente entre 1 et 10 %. À 5 %, elle donne 14,4 ans quand le calcul exact donne 14,2. L’écart se creuse au-delà de 15 %, mais à ces niveaux le problème n’est plus la formule.
Le calculateur tient-il compte des frais ?
Non, et c’est important : des frais de gestion de 1 % par an transforment un rendement de 5 % en 4 %, ce qui coûte près d’un quart du capital final sur vingt ans. Saisissez directement votre rendement net de frais.
Que se passe-t-il si je retire de l’argent en cours de route ?
La mécanique se casse, bien plus qu’on ne le croit : retirer tôt supprime tous les intérêts que cette somme aurait produits jusqu’au terme. C’est précisément pour cette raison que l’épargne de précaution doit être ailleurs — pour n’avoir jamais à toucher à celle-ci.





