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Quand vous retirez de l’argent d’une assurance vie, vous ne payez pas d’impôt sur la somme retirée : vous en payez sur la part de gains qu’elle contient. Sur un retrait de 15 000 €, cette part peut n’être que de 5 000 €, et l’impôt tomber à quelques dizaines d’euros, voire à zéro. Ce simulateur fait le calcul complet d’un rachat, partiel ou total, et vous indique surtout combien vous pouvez retirer cette année sans impôt sur le revenu.
En bref
- Seuls les gains contenus dans le retrait sont imposés : montant retiré × (valeur − versements) ÷ valeur.
- Moins de 8 ans : 12,8 % d’impôt sur ces gains, sans abattement.
- 8 ans et plus : abattement de 4 600 € de gains par an (9 200 € pour un couple), puis 7,5 %.
- Au-delà de 150 000 € de versements, la fraction des gains correspondante passe à 12,8 %.
- Les prélèvements sociaux de 17,2 % s’appliquent à tous les gains, sans abattement.
Comment se calcule l’impôt d’un rachat
Un retrait contient toujours deux choses : une partie de votre capital, qui vous est simplement rendue, et une partie des gains accumulés, qui seule est imposable. La proportion est celle du contrat au jour du retrait. Un contrat de 60 000 € alimenté par 40 000 € de versements contient un tiers de gains : chaque euro retiré en comporte donc un tiers.
Sur un retrait de 15 000 €, cela donne 5 000 € de gains et 10 000 € de capital. Après 8 ans, une personne seule déduit son abattement de 4 600 €, il reste 400 € imposés à 7,5 % : 30 € d’impôt. S’y ajoutent 860 € de prélèvements sociaux (17,2 % des 5 000 €). Sur 15 000 € retirés, vous percevez 14 110 €. C’est l’exemple chargé par défaut dans le simulateur.
| Contrat de moins de 8 ans | Contrat de 8 ans et plus | |
|---|---|---|
| Abattement annuel | Aucun | 4 600 € (seul) ou 9 200 € (couple) |
| Impôt sur les gains | 12,8 % | 7,5 %, et 12,8 % au-delà de 150 000 € de versements |
| Prélèvements sociaux | 17,2 % | 17,2 % |
| Acompte retenu par l’assureur | 12,8 % des gains | 7,5 % des gains, avant abattement |
| Option pour le barème | Possible, globale | Possible, globale, après abattement |
L’acompte explique une surprise fréquente : l’assureur retient 7,5 % des gains sans tenir compte de l’abattement, qu’il ne connaît pas. Le trop-perçu vous est restitué l’année suivante, lors de votre déclaration de revenus. Le vrai coût est celui que calcule le simulateur, pas la retenue affichée sur le relevé de rachat.
Le montant à retirer sans payer d’impôt
C’est la question la plus utile, et celle que la plupart des simulateurs ne posent pas. Puisque l’abattement porte sur les gains, le montant retirable sans impôt sur le revenu dépend de la part de gains de votre contrat. Dans l’exemple ci-dessus, avec un tiers de gains, vous pouvez retirer jusqu’à 13 800 € par an (4 600 € × 3) sans impôt sur le revenu. Un couple, 27 600 €.
L’abattement se renouvelle chaque 1er janvier et vaut pour l’ensemble de vos contrats. D’où la stratégie des rachats étalés : plutôt qu’un gros retrait imposé, plusieurs retraits annuels calés sous l’abattement. Si votre projet peut attendre le mois de janvier, un retrait à cheval sur deux années civiles double l’abattement disponible. Les prélèvements sociaux, eux, restent dus dans tous les cas.

Prélèvement forfaitaire ou barème : lequel choisir ?
Par défaut, les gains sont taxés au prélèvement forfaitaire : 12,8 % avant 8 ans, 7,5 % après. Vous pouvez à la place opter pour le barème progressif de l’impôt sur le revenu, en cochant la case 2OP de la déclaration. Le simulateur compare les deux et met en vert le moins cher.
Le barème n’est gagnant que si votre tranche marginale est basse : à 0 %, toujours ; à 11 %, avant 8 ans seulement, puisque 11 % reste inférieur à 12,8 % mais dépasse 7,5 %. Attention, l’option est globale : elle s’applique à tous vos revenus de capitaux de l’année, dividendes, intérêts et plus-values compris. Pour connaître votre tranche, utilisez notre calculateur d’impôt sur le revenu.
Rachat partiel, rachat total : ce qui change
Le calcul est le même : un rachat total est un rachat partiel égal à la valeur du contrat. La différence tient à ce que vous perdez. Un rachat total clôt le contrat et avec lui son antériorité fiscale : un nouveau contrat repartirait de zéro, sans abattement pendant 8 ans. Il fait aussi disparaître le cadre avantageux de transmission au décès, que détaille notre simulateur de succession en assurance vie. Sauf besoin réel de tout récupérer, un rachat partiel qui laisse quelques centaines d’euros sur le contrat préserve ces deux avantages.
Pour la logique d’ensemble, voyez le fonctionnement de l’assurance vie, et pour le détail des règles après huit ans, notre guide sur la fiscalité de l’assurance vie après 8 ans.
Notre avis
L’impôt sur un rachat d’assurance vie est presque toujours surestimé, parce qu’on raisonne sur le montant retiré au lieu des gains qu’il contient. Sur un contrat de plus de 8 ans, un retrait de taille courante coûte souvent moins de 1 % d’impôt sur le revenu, parfois rien. Ce qui pèse vraiment, ce sont les prélèvements sociaux de 17,2 %, sur lesquels l’abattement ne joue pas. Notre recommandation : ne rachetez jamais un contrat ancien pour en rouvrir un neuf, étalez les gros retraits sur deux années civiles quand c’est possible, et n’optez pour le barème qu’après avoir fait le calcul sur l’ensemble de vos revenus de capitaux. Notre réserve : pour des versements antérieurs au 27 septembre 2017, ou un patrimoine réparti sur plusieurs contrats, ce simulateur donne un ordre de grandeur, pas le chiffre exact de votre déclaration.
Nos sources
Calcul de la part de produits contenue dans un rachat partiel (montant du rachat diminué des primes au prorata de la valeur de rachat) : BOFiP, BOI-RPPM-RCM-20-10-20-50, § 80. Imposition des produits attachés aux versements effectués depuis le 27 septembre 2017 : article 125-0 A du code général des impôts ; prélèvement forfaitaire unique de 12,8 %, taux réduit de 7,5 % pour les contrats de 8 ans et plus dans la limite de 150 000 € de primes, abattement de 4 600 € ou 9 200 € : article 200 A du code général des impôts. Prélèvements sociaux de 17,2 % applicables aux produits d’assurance vie. Service-public.gouv.fr, fiche « Assurance vie : fiscalité en cas de rachat » (mise à jour du 15 avril 2026) et impots.gouv.fr (mise à jour du 20 mars 2026). Règles vérifiées au 27 septembre 2026. Ce simulateur est un outil d’estimation et ne remplace pas l’avis d’un conseiller.
Questions fréquentes
Comment calculer le gain contenu dans un rachat d’assurance vie ?
Multipliez le montant retiré par la part de gains du contrat : (valeur − versements) ÷ valeur. Un retrait de 15 000 € sur un contrat de 60 000 € alimenté par 40 000 € contient 15 000 × 20 000 ÷ 60 000 = 5 000 € de gains. Seuls ces 5 000 € sont imposables.
Combien peut-on retirer d’une assurance vie sans payer d’impôt ?
Après 8 ans, autant que nécessaire pour que les gains retirés dans l’année restent sous 4 600 € (9 200 € pour un couple). Le montant exact dépend de la part de gains de votre contrat : le simulateur l’affiche. Les prélèvements sociaux restent dus.
L’abattement de 4 600 € s’applique-t-il par contrat ?
Non, par foyer fiscal et par année civile, tous contrats confondus. Deux rachats sur deux contrats la même année se partagent le même abattement. C’est l’une des raisons de détenir plusieurs contrats ouverts à des dates différentes, pas de multiplier les abattements.
Les prélèvements sociaux sont-ils prélevés au moment du rachat ?
Sur les unités de compte, oui. Sur le fonds en euros, ils sont prélevés chaque année lors de l’inscription des intérêts : ils ne sont donc pas prélevés une seconde fois au rachat. Le simulateur affiche les 17,2 % sur l’ensemble des gains, ce qui correspond à la charge totale, qu’elle ait été payée au fil de l’eau ou au rachat.
Et si mes versements datent d’avant le 27 septembre 2017 ?
Les gains attachés à ces versements suivent l’ancien régime : 35 % avant 4 ans, 15 % entre 4 et 8 ans, 7,5 % après 8 ans avec le même abattement, si vous optez pour le prélèvement libératoire. Le simulateur ne traite que les versements postérieurs, qui sont la situation la plus courante.





