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Deux assurances de prêt affichant le même taux peuvent coûter du simple au double. Pas à cause d’une clause cachée : parce que l’une le calcule sur le capital initial, qui ne bouge jamais, et l’autre sur le capital restant dû, qui fond à mesure que vous remboursez. C’est le paramètre le plus décisif de la comparaison, et celui qu’aucun comparateur n’affiche. Ce calculateur montre les deux, sur votre durée restante réelle — pas sur la durée totale d’un prêt que vous avez déjà commencé à rembourser.
En bref
- Le calcul porte sur la durée restante, pas sur la durée totale : l’économie affichée par les comparateurs n’est plus atteignable une fois le prêt entamé.
- Les contrats de groupe des banques tarifent sur le capital initial : la cotisation ne baisse jamais.
- Les délégations tarifent le plus souvent sur le capital restant dû : la cotisation décroît. Cet écart pèse souvent autant que l’écart de taux.
- La loi Lemoine permet de résilier à tout moment, sans frais, et supprime le questionnaire de santé sous 200 000 € assurés par emprunteur, remboursement achevé avant 60 ans.
- Comparez à garanties équivalentes — un taux plus bas qui exclut l’invalidité n’est pas une économie.
Capital initial ou capital restant dû : l’écart que personne ne montre
Prenons un prêt de 200 000 € sur 20 ans, assuré à 0,12 %. Sur le capital initial, la cotisation est de 240 € par an, toutes les années, jusqu’au terme : 4 800 € au total. Sur le capital restant dû, elle part de 240 € la première année et tombe vers zéro la dernière, parce qu’elle suit le capital que vous devez encore.
Le total, lui, se situe autour de 55 à 60 % du premier — pour un taux identique. Autrement dit, une offre à 0,15 % sur capital restant dû peut être moins chère qu’une offre à 0,12 % sur capital initial. Comparer deux taux sans savoir sur quelle base ils s’appliquent n’a donc aucun sens, et c’est pourtant ce que fait à peu près tout le monde.
Le calculateur reconstitue votre tableau d’amortissement à partir du taux de votre prêt — c’est pour cela qu’il vous le demande — et applique la cotisation mois par mois sur le capital réellement dû.
| Base de calcul | Qui l’utilise | Cotisation dans le temps |
|---|---|---|
| Capital initial | Presque tous les contrats de groupe bancaires | Constante du premier au dernier mois |
| Capital restant dû | La plupart des délégations | Décroissante, proche de zéro en fin de prêt |

Ce que la loi Lemoine a réellement changé
Trois choses, et la troisième est la plus sous-utilisée.
La résiliation à tout moment. Plus de date anniversaire à guetter, plus de préavis à respecter : vous changez quand vous voulez, sans frais, dès le lendemain de la signature si vous le souhaitez. La banque ne peut refuser qu’en motivant par une non-équivalence des garanties, par écrit et sous dix jours.
Le droit à l’oubli raccourci. Les anciens malades du cancer et de l’hépatite C n’ont plus à déclarer leur pathologie cinq ans après la fin du protocole thérapeutique, contre dix auparavant.
La suppression du questionnaire de santé. Sous 200 000 € assurés par emprunteur et si le remboursement s’achève avant vos 60 ans, aucune question médicale ne peut vous être posée. C’est ce qui rend le changement possible pour des profils qui en étaient exclus de fait — et c’est aussi ce qui explique que sur un prêt à deux, chacun dispose de son propre plafond de 200 000 €. Le détail du dispositif figure dans notre article sur la loi Lemoine.
Les trois pièges de la comparaison
Comparer des garanties inégales. Le taux ne dit rien du contenu. Vérifiez la garantie invalidité — définition professionnelle ou fonctionnelle, seuil de déclenchement —, les exclusions liées au sport ou au métier, et la durée d’indemnisation. Un contrat 30 % moins cher qui bascule d’une définition professionnelle à une définition fonctionnelle n’est pas le même produit.
Oublier la quotité. Sur un prêt à deux, la couverture totale peut être de 100 % (réparti) ou de 200 % (chacun couvert intégralement). Le coût double, et la protection aussi. Le calculateur prend ce paramètre, parce qu’une comparaison faite à quotités différentes ne veut rien dire.
Négliger le poids réel de l’assurance. Sur un crédit immobilier récent, elle représente couramment un tiers du coût total du crédit — parfois plus que les intérêts eux-mêmes sur les prêts courts. C’est le poste sur lequel une négociation rapporte le plus, et le seul qu’on peut renégocier seul, sans toucher au prêt. Sur ce que la banque examine par ailleurs, voir ce que la banque vérifie avant d’accorder un prêt immobilier, et si votre projet n’est pas encore signé, notre simulateur de prêt à taux zéro et le prêt immobilier sans apport.
Notre avis
C’est l’une des rares démarches financières dont le rendement horaire est indécent : deux heures de dossier pour plusieurs milliers d’euros, sans risque, sans contrepartie, et réversible. Si vous n’avez jamais changé, faites-le. Deux réserves, cependant. La première : ne signez pas sur le seul taux. Demandez les deux tableaux — le vôtre et celui du candidat — avec la base de calcul écrite noir sur blanc, et comparez les totaux, pas les pourcentages. La seconde, plus délicate : au-delà de 55 ans ou avec un antécédent médical déclaré, une délégation peut être plus chère qu’un contrat de groupe, qui mutualise les profils. Le contrat de groupe est mauvais pour les bons profils et bon pour les mauvais — c’est exactement sa raison d’être. Faites le calcul avant de supposer que vous y gagnerez.
Nos sources
Résiliation à tout moment, suppression du questionnaire de santé sous conditions de montant et d’âge, et droit à l’oubli ramené à cinq ans : loi n° 2022-270 du 28 février 2022 dite loi Lemoine, et articles L113-12-2 et L313-30 et suivants du code des assurances. Équivalence des garanties et motivation du refus : article L313-31 du code de la consommation. Le taux annuel effectif de l’assurance (TAEA) figure obligatoirement sur l’offre de prêt. Barèmes vérifiés au 2 septembre 2026. Les taux de délégation utilisés à titre d’exemple sont des ordres de grandeur de marché, pas des offres.
Questions fréquentes
Puis-je vraiment changer à tout moment ?
Oui, depuis la loi Lemoine, sans frais et sans attendre de date anniversaire. La banque doit répondre sous dix jours ouvrés et ne peut refuser qu’en démontrant une non-équivalence des garanties, motif à l’appui.
Comment savoir sur quelle base mon assurance est calculée ?
Regardez si la cotisation mensuelle indiquée sur votre tableau est identique du premier au dernier mois. Si oui, c’est du capital initial. Si elle décroît, c’est du capital restant dû.
Le changement affecte-t-il mon taux de crédit ?
Non. Le prêt et son assurance sont deux contrats distincts. La banque ne peut pas modifier le taux du crédit au motif que vous changez d’assurance.
Que se passe-t-il si ma santé s’est dégradée depuis la signature ?
Sous 200 000 € assurés et avec un remboursement s’achevant avant vos 60 ans, aucune question ne peut vous être posée : votre état de santé actuel est sans effet. Au-delà de ces seuils, le questionnaire redevient exigible et une délégation peut coûter plus cher.
Vaut-il la peine de changer à trois ans du terme ?
Rarement. L’économie est proportionnelle à la durée restante, et les frais de dossier du nouvel assureur, s’il en applique, la grignotent. Le calculateur tranche : saisissez vos années déjà remboursées et regardez le montant restant.





