Vous avez vendu des cryptos et vous vous demandez ce que vous devez au fisc ? Bonne nouvelle : en France, tant que vous restez investisseur particulier, la règle est simple — un taux unique, un seuil d’exonération, et surtout un impôt qui ne se déclenche qu’au bon moment. Attention toutefois : depuis le 1ᵉʳ janvier 2026, la « flat tax » a changé. Voici, chiffres à jour, combien vous êtes réellement taxé sur vos gains en cryptomonnaie.
En bref
- Pour un particulier, les plus-values crypto sont soumises à la flat tax : 30 % jusqu’en 2025, 31,4 % depuis le 1ᵉʳ janvier 2026 (hausse de la CSG).
- Vous n’êtes taxé qu’à la conversion en euros (ou achat d’un bien). Échanger crypto contre crypto n’est pas imposable.
- Exonération si le total de vos ventes en euros sur l’année reste ≤ 305 €.
- On peut opter pour le barème progressif de l’impôt si c’est plus avantageux.
- Déclaration : formulaire 2086 (plus-values) + report sur la 2042 C, et surtout le 3916-bis pour vos comptes à l’étranger (oubli = 750 € par compte).
La réponse rapide
Si vous êtes un investisseur particulier (vous achetez et revendez occasionnellement), vos plus-values sont imposées au prélèvement forfaitaire unique (PFU), la fameuse « flat tax ». Son taux est de 31,4 % depuis le 1ᵉʳ janvier 2026 (contre 30 % auparavant). Mais cet impôt ne tombe que lorsque vous transformez vos cryptos en euros : tant que vos gains restent en cryptomonnaies, vous ne devez rien. Et si vos ventes annuelles ne dépassent pas 305 €, vous êtes même exonéré.
Le taux : flat tax à 31,4 % depuis 2026
La flat tax additionne deux composantes. La nouveauté 2026 vient des prélèvements sociaux, dont la CSG passe de 9,2 % à 10,6 % (loi de financement de la Sécurité sociale 2026) :
| Composante | Jusqu’en 2025 | Depuis 2026 |
|---|---|---|
| Impôt sur le revenu | 12,8 % | 12,8 % |
| Prélèvements sociaux | 17,2 % | 18,6 % |
| Total flat tax | 30 % | 31,4 % |
Concrètement, sur une plus-value de 1 000 €, vous payez désormais 314 € d’impôt (contre 300 € auparavant), et vous conservez 686 €.
Et l’option pour le barème progressif ?
Vous pouvez renoncer à la flat tax et choisir le barème progressif de l’impôt sur le revenu (en cochant la case 2OP de votre déclaration). C’est intéressant surtout si vous êtes peu ou pas imposable : votre plus-value est alors taxée à votre tranche (0 % ou 11 %) au lieu de 12,8 %, les 18,6 % de prélèvements sociaux restant dus dans tous les cas. Attention : cette option s’applique à l’ensemble de vos revenus de capitaux mobiliers de l’année, pas seulement à vos cryptos.
Quand êtes-vous taxé ? Le fait générateur
C’est le point le plus mal compris. L’impôt ne se déclenche pas à chaque mouvement, mais uniquement quand vous sortez vers de l’argent « classique » :
| Opération | Imposable ? |
|---|---|
| Vendre une crypto contre des euros (cash-out) | ✅ Oui |
| Payer un bien ou un service en crypto | ✅ Oui |
| Échanger une crypto contre une autre (BTC → ETH, ou → stablecoin) | ❌ Non |
| Transférer entre vos propres portefeuilles | ❌ Non |
| Simplement détenir (HODL) | ❌ Non |
Autrement dit, vous pouvez arbitrer entre cryptos autant que vous voulez sans être taxé : l’impôt n’arrive qu’au moment où vous récupérez des euros. C’est ce qui rend la fiscalité française plutôt clémente pour qui investit sur le long terme — un atout quand on cherche à investir dans la cryptomonnaie sereinement.
Le seuil des 305 € : la petite exonération
Si le total de vos cessions (vos ventes en euros) sur l’année ne dépasse pas 305 €, vos plus-values sont exonérées et vous n’avez pas d’impôt à payer. Mais attention au piège : c’est le montant vendu qui compte, pas le gain. Si vous vendez pour 400 € avec seulement 30 € de plus-value, vous dépassez les 305 € : la plus-value devient imposable. Au-delà du seuil, tout se déclare.

Comment se calcule la plus-value
Le calcul français est particulier : il ne se fait pas cession par cession de façon isolée, mais en tenant compte de la valeur globale de votre portefeuille. La formule officielle est :
Plus-value = Prix de cession − (Prix total d’acquisition × Prix de cession ÷ Valeur globale du portefeuille)
En clair, à chaque vente, on retranche la part du capital initialement investi qui correspond à la fraction vendue. C’est vite illisible à la main dès que vous multipliez les opérations : la plupart des investisseurs utilisent un outil de calcul fiscal crypto (Waltio, Koinly…) qui génère directement le détail à reporter. Côté moins-values : elles s’imputent uniquement sur les plus-values d’actifs numériques de la même année — pas de report possible sur les années suivantes.
Déclarer : 2086, 2042 C et le piège du 3916-bis
La déclaration repose sur trois documents :
- Le formulaire 2086 : il détaille chaque cession imposable (prix d’acquisition, prix de cession, plus ou moins-value).
- La déclaration 2042 C : on y reporte le résultat global (case 3AN pour un gain, 3BN pour une perte).
- Le formulaire 3916-bis : il déclare vos comptes ouverts à l’étranger sur les plateformes type Binance, Kraken, etc. — obligatoire même sans aucune vente.
C’est ce dernier qui fait le plus de dégâts. Oublier de déclarer un compte étranger coûte 750 € par compte non déclaré (1 500 € si le compte dépasse 50 000 €), et l’administration applique cette sanction de façon massive depuis 2023. Le réflexe : lister toutes vos plateformes étrangères, même celles que vous n’utilisez plus.
Trader pro, minage, staking : le régime BNC
Tout ce qui précède vaut pour l’investisseur particulier. Si vous tradez de façon habituelle et avec des moyens proches d’un professionnel, vos gains basculent dans la catégorie des bénéfices non commerciaux (BNC), imposés au barème progressif (régime applicable depuis 2023). Les revenus de minage relèvent eux aussi des BNC. Pour le staking et le lending, la doctrine reste mouvante et s’apprécie au cas par cas — en cas de montants importants, un conseil d’un expert-comptable s’impose.
Notre avis
Le vrai risque, ce n’est pas le taux — 30 ou 31,4 %, la France reste dans la moyenne — c’est l’oubli du 3916-bis et un calcul de plus-value bâclé. Notre conseil : reliez dès aujourd’hui vos plateformes à un outil de suivi fiscal qui historise vos opérations toute l’année, déclarez systématiquement vos comptes étrangers (même vides), et si vous êtes peu imposable, testez l’option au barème avant de valider. Garder une trace propre de chaque achat (date, montant, prix) vous évitera bien des sueurs froides au moment de remplir le 2086.
Questions fréquentes
Quel est le taux d’imposition des cryptos en 2026 ?
Pour un particulier, la flat tax est de 31,4 % depuis le 1ᵉʳ janvier 2026 (12,8 % d’impôt sur le revenu + 18,6 % de prélèvements sociaux), contre 30 % jusqu’en 2025. On peut opter pour le barème progressif si c’est plus avantageux.
Suis-je taxé si je n’ai pas converti mes cryptos en euros ?
Non. Tant que vous ne convertissez pas en monnaie ayant cours légal (ou ne payez pas un bien), aucune plus-value n’est imposable. Les échanges crypto contre crypto, y compris vers des stablecoins, ne déclenchent pas l’impôt.
À partir de quel montant dois-je déclarer ?
Dès que le total de vos ventes en euros sur l’année dépasse 305 €. En dessous, vous êtes exonéré. Mais la déclaration des comptes étrangers (3916-bis), elle, est obligatoire quel que soit le montant.
Que risque-t-on à ne pas déclarer un compte Binance ou Kraken ?
Une amende de 750 € par compte non déclaré (1 500 € au-delà de 50 000 € sur le compte), applicable sur plusieurs années. L’administration contrôle activement ce point depuis 2023.
Les pertes en crypto sont-elles déductibles ?
Oui, mais uniquement sur vos plus-values d’actifs numériques de la même année. Une moins-value ne se reporte pas sur les années suivantes.
Quiz : votre fiscalité crypto
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