Votre assureur a mis fin à votre contrat auto et, depuis, chaque devis se solde par un refus ? Être résilié, ce n’est pas une condamnation à rouler sans assurance. Entre les assureurs spécialisés, le comparateur et surtout le Bureau central de tarification, des solutions existent pour vous réassurer, parfois en quelques jours. Voici comment vous y prendre, étape par étape.
En bref
- Un assureur peut résilier pour non-paiement, sinistres trop nombreux, fausse déclaration ou à l’échéance du contrat.
- La résiliation est inscrite au fichier AGIRA pendant 2 ans (jusqu’à 5 ans pour les sinistres).
- Rouler reste obligatoire avec au minimum la responsabilité civile (« au tiers ») : rouler sans assurance expose à 3 750 € d’amende.
- Après un refus écrit (ou un silence de 15 jours), vous pouvez saisir gratuitement le Bureau central de tarification (BCT).
- Le BCT oblige l’assureur de votre choix à vous couvrir au tiers : c’est votre filet de sécurité légal.
Pourquoi un assureur vous a-t-il résilié ?
Comprendre le motif est la première étape, car il conditionne la durée de votre fichage et les solutions disponibles. Un assureur ne peut pas résilier sur un coup de tête : la loi encadre les cas où il peut rompre le contrat. Quatre motifs concentrent la quasi-totalité des résiliations.
- Non-paiement de la cotisation : à défaut de paiement, l’assureur vous adresse une mise en demeure. Le contrat est suspendu 30 jours après, puis peut être résilié 10 jours plus tard. C’est le motif le plus fréquent.
- Sinistres trop nombreux : après plusieurs sinistres (notamment responsables) rapprochés, l’assureur peut résilier à l’échéance annuelle pour aggravation du risque.
- Fausse déclaration : oubli ou mensonge sur le conducteur, l’usage du véhicule ou les antécédents. L’assureur peut alors résilier sous 10 jours par lettre recommandée.
- Résiliation à l’échéance par l’assureur : il peut, comme vous, ne pas reconduire le contrat à sa date anniversaire, avec un préavis de 2 mois, sans avoir à se justifier.
Résilié, fiché, malussé : ne pas confondre
Ces trois statuts sont souvent mélangés, mais ils ne recouvrent pas la même réalité. Y voir clair vous évite de chercher la mauvaise solution.
| Statut | Ce que ça signifie | Conséquence |
|---|---|---|
| Résilié | L’assureur a mis fin à votre contrat | Difficulté à se réassurer, surprime |
| Fiché AGIRA | Résiliation enregistrée au fichier des assureurs | 2 ans en général, 5 ans si sinistres |
| Malussé | Coefficient bonus-malus élevé après sinistres | Prime majorée, mais contrat toujours actif |
On peut être malussé sans être résilié, et résilié pour non-paiement sans le moindre malus. Le fichier AGIRA des résiliations automobile conserve l’information 2 ans ; pour un non-paiement, elle est effacée dès que la dette est réglée, et pour une résiliation liée à des sinistres, la durée monte à 5 ans.

Vous restez obligé de vous assurer
Être résilié ne vous dispense de rien : tout véhicule terrestre à moteur doit être couvert au minimum par une assurance de responsabilité civile, l’« assurance au tiers » (article L211-1 du Code des assurances). Cette garantie indemnise les victimes d’un accident que vous causeriez.
Rouler sans assurance est un délit : l’amende encourue atteint 3 750 €, avec possible suspension de permis et confiscation du véhicule. En pratique, le défaut d’assurance peut être sanctionné par une amende forfaitaire de 500 €. Conclusion : trouver une solution, même imparfaite et plus chère, reste toujours préférable à conduire non assuré.
Les vraies solutions pour vous réassurer
Une fois le motif identifié, plusieurs portes restent ouvertes. À tenter dans cet ordre, du plus simple au dernier recours.
- Régulariser une dette : si la résiliation vient d’un non-paiement, soldez l’impayé. Le motif disparaît du fichier AGIRA et votre dossier redevient présentable.
- Passer par un assureur spécialisé « résiliés » : certains acteurs acceptent les profils refusés ailleurs, moyennant une surprime. Comparez plusieurs devis.
- Jouer sur les garanties et la franchise : choisir une simple formule au tiers et accepter une franchise plus élevée fait baisser la prime et facilite l’acceptation.
- Utiliser un comparateur : il vous évite d’essuyer des refus en série et cible les compagnies ouvertes à votre profil.
- Saisir le Bureau central de tarification : le recours ultime, gratuit, qui garantit une couverture. On y vient juste après.
Le BCT : votre filet de sécurité légal
C’est l’arme méconnue des résiliés. Le Bureau central de tarification (BCT) est un organisme indépendant qui fait respecter l’obligation d’assurance. Si vous ne trouvez personne, il contraint l’assureur de votre choix à vous couvrir, au minimum en responsabilité civile. La saisine est gratuite.
La procédure suit des étapes précises :
- Adressez une demande d’assurance à la compagnie de votre choix, par lettre recommandée avec accusé de réception.
- Si elle refuse, ou ne répond pas dans un délai de 15 jours, ce refus (explicite ou tacite) ouvre votre droit de saisir le BCT.
- Envoyez votre dossier complet au BCT par LRAR : proposition d’assurance, lettre de refus, copie de la carte grise, du permis et le relevé d’informations.
- Le BCT fixe la prime et désigne l’assureur qui devra vous couvrir au tiers.
L’assureur ne peut alors plus refuser : c’est une obligation légale. Vous disposez ensuite de quelques semaines pour souscrire le contrat aux conditions fixées.
Notre avis
Beaucoup de résiliés cèdent à la panique et signent le premier contrat « spécial résiliés » venu, à un tarif délirant. C’est une erreur. Faites jouer la concurrence avec un comparateur, et surtout gardez en tête que le BCT existe : aucun assureur ne peut vous laisser sans solution. Si on vous refuse partout, ne payez pas une surprime abusive par dépit — déclenchez la procédure BCT, c’est gratuit et ça marche. Et si la résiliation vient d’un impayé, réglez la dette en priorité : c’est souvent la clé qui rouvre toutes les portes.
Questions fréquentes
Combien de temps reste-t-on fiché à l’AGIRA ?
La résiliation est conservée 2 ans dans le fichier des résiliations automobile. Pour un non-paiement, l’information est effacée dès que la somme due est réglée ; en cas de résiliation liée à un ou plusieurs sinistres, la durée passe à 5 ans.
Un assureur peut-il vraiment me refuser à cause de l’AGIRA ?
Oui, le fichier est consultable par toutes les sociétés d’assurance adhérentes. Mais un refus n’est jamais une impasse : il ouvre justement la voie à la saisine du Bureau central de tarification, qui obligera un assureur à vous couvrir.
Le BCT, ça coûte combien ?
La saisine du BCT est totalement gratuite. En revanche, la prime fixée par le BCT pour le contrat, elle, reste à votre charge : elle peut être plus élevée qu’un tarif standard, mais elle vous garantit une couverture.
Résilié pour fausse déclaration, suis-je condamné à payer le prix fort ?
C’est le motif le plus pénalisant aux yeux des assureurs, car il touche à la confiance. Privilégiez les assureurs spécialisés, soyez transparent sur vos antécédents, et conservez le BCT comme recours si tous vous refusent.
Puis-je me réassurer immédiatement après la résiliation ?
Oui, rien ne vous l’interdit, et c’est même conseillé pour ne pas rouler sans assurance. Le défi n’est pas le délai mais l’acceptation : attendez-vous à des refus et à une surprime, et orientez-vous vers les solutions adaptées aux profils résiliés.
Quiz : êtes-vous au point sur la réassurance après résiliation ?
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