Acheter sans avoir économisé un centime ? C’est encore possible en 2026 — mais pas dans n’importe quelle banque, ni pour n’importe quel profil. Le « prêt sans apport » porte un autre nom chez les banquiers : le financement à 110 %. Voici comment il fonctionne, qui peut l’obtenir, et surtout vers quelle banque vous tourner pour mettre toutes les chances de votre côté.
En bref
- « Sans apport » = financement à 110 % : la banque prête le prix du bien plus les frais de notaire et de garantie.
- Le HCSF recommande aux banques d’éviter ces dossiers, mais ils restent accordés aux profils solides (marge de flexibilité de 20 %).
- Règles à respecter : endettement ≤ 35 % (assurance comprise) et durée ≤ 25 ans (27 ans dans le neuf/avec travaux).
- Votre vrai atout : un profil rassurant (revenus stables, tenue de compte nette, épargne conservée), pas l’épargne apportée.
- Le PTZ et les prêts aidés sont considérés comme de l’apport : le levier n°1 pour emprunter sans cash.
Prêt sans apport : de quoi parle-t-on ?
D’ordinaire, une banque demande un apport d’environ 10 % du prix. Cet apport ne sert pas à acheter le bien : il couvre les frais annexes — frais de notaire (7 à 8 % dans l’ancien, 2 à 3 % dans le neuf) et frais de garantie. Emprunter « sans apport », c’est demander à la banque de financer aussi ces frais. On parle alors de :
| Type de financement | Ce que la banque finance |
|---|---|
| Prêt à 100 % | Le prix du bien (vous payez les frais de notaire de votre poche) |
| Prêt à 110 % | Le prix du bien + les frais de notaire et de garantie |
Est-ce encore possible en 2026 ?
Oui — mais c’est plus encadré qu’avant. Le Haut Conseil de stabilité financière (HCSF) recommande aux banques de limiter les prêts à 110 % ou sans apport. Ce n’est pas une interdiction : les établissements disposent d’une marge de flexibilité (environ 20 % de leur production de crédits) qu’ils réservent en priorité aux primo-accédants qui achètent leur résidence principale. Chaque année, des milliers de dossiers sans apport passent donc — à condition d’être bien construits. Comme toujours, tout se joue sur ce que la banque vérifie avant d’accorder un prêt.
Les règles à respecter (HCSF)
Apport ou pas, deux plafonds s’imposent à toutes les banques :
| Règle | Plafond | Précision |
|---|---|---|
| Taux d’endettement | 35 % maximum | des revenus nets, assurance emprunteur comprise |
| Durée du prêt | 25 ans maximum | jusqu’à 27 ans pour un achat neuf (VEFA), une construction ou une rénovation avec 10 % de travaux minimum |
Sans apport, le montant emprunté est plus élevé : il faut donc une capacité d’emprunt suffisante pour rester sous les 35 %. C’est souvent là que le bât blesse — et qu’un plan de financement solide fait la différence.

Quels profils décrochent un crédit sans apport ?
Puisque vous n’apportez pas d’épargne, la banque cherche d’autres preuves de fiabilité. Les profils qui passent le mieux :
- Des revenus stables : CDI confirmé (hors période d’essai), fonctionnaire, profession libérale établie.
- Une tenue de compte irréprochable : aucun découvert, pas de crédits à la consommation en cascade, des dépenses maîtrisées.
- Un reste à vivre confortable et une épargne de précaution conservée : ne rien apporter ne veut pas dire être à sec. Garder quelques mois de charges sur un compte rassure énormément.
- Les jeunes primo-accédants : ils ont eu peu de temps pour épargner, mais un bon potentiel d’évolution — les banques aiment capter ces clients tôt.
- Les investisseurs locatifs : emprunter sans apport maximise l’effet de levier et préserve leur trésorerie ; les loyers attendus renforcent le dossier, comme pour tout projet d’investissement immobilier.
Le PTZ et les prêts aidés : votre apport caché
C’est le levier le plus sous-estimé. Le prêt à taux zéro (PTZ) est constitutif d’apport personnel aux yeux des banques : même sans épargne, vous présentez un dossier « avec apport ». Depuis avril 2025, le PTZ a été élargi à tous les logements neufs sur tout le territoire, et peut atteindre des montants importants pour une première résidence principale. D’autres dispositifs jouent le même rôle :
- le prêt Action Logement (ex-« 1 % patronal »), pour les salariés du privé ;
- le prêt épargne logement (PEL/CEL) si vous en détenez un ;
- le prêt fonctionnaire ou une donation familiale, eux aussi assimilés à de l’apport.
Empiler un PTZ et un prêt principal, c’est souvent la vraie clé d’un achat « sans apport » réussi.
Quelle banque choisir ?
Il n’existe pas une banque qui dirait « oui » à tous les sans-apport. La bonne stratégie consiste à viser :
- les banques qui utilisent activement leur marge de flexibilité HCSF, et qui cherchent à capter de jeunes clients rentables sur la durée ;
- celles prêtes à un geste en échange de la domiciliation de vos revenus et de la souscription de quelques produits ;
- la mise en concurrence : un courtier connaît les établissements ouverts au sans-apport du moment et négocie le taux à votre place.
En 2026, les taux tournent autour de 3 % sur 20 ans pour un bon dossier. Sans apport, attendez-vous à un taux légèrement supérieur : la banque facture le risque. Rien d’irrémédiable — vous pourrez renégocier votre prêt plus tard, une fois votre situation consolidée.
Notre avis
Le sans-apport reste accessible en 2026, mais c’est votre profil qui fait office d’apport. Trois réflexes gagnants : soignez votre tenue de compte pendant les trois mois qui précèdent la demande (zéro découvert, zéro dépense impulsive), conservez une épargne de précaution même si vous n’apportez rien — un compte vide inquiète plus qu’un compte non utilisé — et mobilisez le PTZ si vous êtes primo-accédant. Enfin, passez par un courtier : il sait quelles banques disent « oui » au sans-apport ce trimestre, et vous fait gagner sur le taux. Un taux un peu plus élevé aujourd’hui se renégocie demain ; un bon dossier, lui, ne se rattrape pas.
Questions fréquentes
Peut-on vraiment emprunter sans aucun apport en 2026 ?
Oui. Le HCSF recommande aux banques d’éviter ces prêts, mais elles conservent une marge de flexibilité (environ 20 % de leur production) pour financer des profils solides à 100 %, voire 110 % frais inclus.
Que finance exactement un prêt à 110 % ?
Le prix du bien plus les frais de notaire et de garantie — c’est-à-dire la part habituellement couverte par l’apport personnel.
Le PTZ compte-t-il comme un apport ?
Oui. Le prêt à taux zéro est considéré comme de l’apport personnel par les banques, ce qui en fait un levier majeur pour acheter sans épargne. Il est réservé aux primo-accédants pour leur résidence principale.
Le taux est-il plus élevé sans apport ?
Généralement un peu, car la banque compense un risque supérieur. En 2026, comptez autour de 3 % sur 20 ans pour un bon profil, avec une légère majoration sans apport.
Faut-il passer par un courtier ?
C’est vivement conseillé pour un dossier sans apport : le courtier identifie les banques ouvertes à ce type de financement et met les offres en concurrence pour décrocher le meilleur taux.
Quiz : le prêt sans apport
À lire aussi : quelle banque finance les frais de notaire, ce que la banque vérifie avant un prêt, et comment renégocier son prêt immobilier.





