Depuis le 1er juillet 2026, la question « cette plateforme est-elle sûre ? » a une réponse vérifiable en trente secondes. Le régime français des PSAN a pris fin : seuls les prestataires agréés PSCA au titre de MiCA peuvent encore proposer l’achat de cryptomonnaies en France. Environ un tiers des acteurs enregistrés n’a pas franchi la marche. Voici comment contrôler la vôtre, repérer les arnaques qui persistent, et acheter sans exposer votre argent.
En bref
- Depuis le 1er juillet 2026, une plateforme doit être agréée PSCA pour opérer en France. Le statut PSAN n’existe plus.
- Sur environ 117 PSAN enregistrés, à peu près 83 ont obtenu l’agrément — les autres ont dû organiser leur sortie du marché.
- Une plateforme agréée dans un autre pays de l’Union peut servir des clients français : c’est le passeport européen, et c’est légal.
- Le contrôle se fait sur la liste officielle publiée par l’AMF — en vérifiant l’entité juridique exacte inscrite sur votre contrat, pas seulement la marque commerciale.
- Un agrément protège le cadre, pas votre mot de passe : la double authentification et le retrait vers un portefeuille personnel restent votre responsabilité.
Ce qui a changé le 1er juillet 2026
Jusque-là, la France appliquait son propre régime : l’enregistrement PSAN auprès de l’AMF, créé par la loi PACTE. Le règlement européen MiCA l’a remplacé par un statut unique, le PSCA (prestataire de services sur crypto-actifs). Une période transitoire de dix-huit mois laissait aux acteurs déjà enregistrés le temps de déposer leur dossier.
Cette période est close. Depuis le 30 mars 2026, les prestataires non autorisés devaient déjà avoir un plan de sortie ordonnée permettant à leurs clients de transférer leurs avoirs. Et depuis le 1er juillet, exercer sans agrément n’est plus une zone grise : c’est une activité illégale.
L’autorité européenne des marchés financiers a accompagné cette bascule d’un avertissement explicite aux particuliers : tous les prestataires en activité ne seraient pas autorisés. Le détail du calendrier et des obligations est développé dans notre article sur la régulation MiCA.
Les six critères d’une plateforme sûre
L’agrément est le premier filtre, pas le seul. Voici ce qui se vérifie concrètement, du plus décisif au plus secondaire.
| Critère | Comment le vérifier | Poids |
|---|---|---|
| Agrément PSCA | Liste officielle de l’AMF, ou registre du régulateur du pays d’agrément si passeport européen | Éliminatoire |
| Entité juridique | Le nom inscrit dans les conditions générales doit être celui qui figure sur la liste | Éliminatoire |
| Ségrégation des fonds | Les avoirs clients sont séparés de ceux de l’entreprise — une obligation MiCA, à retrouver dans les CGU | Fort |
| Double authentification | Application d’authentification plutôt que SMS, activée sur connexion et sur retrait | Fort |
| Historique d’incidents | Piratage passé, gel de retraits, sanction du régulateur — et surtout : les clients ont-ils été indemnisés ? | Moyen |
| Retrait testé | Un petit retrait réel, avant d’y placer une somme importante | Moyen |
Le critère de l’entité juridique mérite une insistance particulière, car c’est le piège le plus courant. Une marque connue peut opérer via plusieurs sociétés selon les pays et les services : celle qui est agréée n’est pas forcément celle avec laquelle vous signez. C’est exactement le point sur lequel le régulateur européen a attiré l’attention.

Les arnaques qui reviennent le plus souvent
L’agrément fait disparaître les plateformes bancales, pas les escrocs. Trois schémas concentrent l’essentiel des pertes.
- La fausse plateforme. Un site imitant une marque connue, souvent atteint par une publicité ou un message privé. Les premiers retraits fonctionnent, les suivants exigent une « taxe de déblocage » — puis plus rien. Signe distinctif : la société n’est sur aucun registre.
- Le faux conseiller. Quelqu’un vous accompagne, vous rassure, vous aide à installer une application de partage d’écran, puis vous guide vers un virement. Aucun professionnel légitime ne prend la main sur votre écran pendant que vous validez une transaction.
- Le hameçonnage. Un courriel ou un SMS reproduisant l’identité de votre plateforme, qui vous demande de « confirmer » vos identifiants ou votre phrase de récupération. Aucun support ne demande jamais cette phrase — voir notre guide du cold wallet.
Un réflexe simple élimine la majorité des cas : ne jamais entrer par un lien reçu, toujours taper l’adresse soi-même.
Votre premier achat, étape par étape
- Vérifier l’agrément sur la liste de l’AMF, en comparant l’entité juridique et non la marque.
- Créer le compte et passer la vérification d’identité. Elle est obligatoire : une plateforme qui ne la demande pas n’est pas conforme.
- Activer la double authentification par application, avant tout dépôt.
- Déposer une petite somme et acheter un montant modeste, pour valider le parcours de bout en bout.
- Tester un retrait vers votre compte bancaire ou votre portefeuille personnel. C’est l’étape que presque personne ne fait, et c’est celle qui révèle un problème avant qu’il ne coûte cher.
- Noter chaque opération : dates, montants, frais. Vous en aurez besoin pour le calcul de vos plus-values imposables.
Si vous démarrez tout juste, notre guide pour débuter en cryptomonnaie reprend les bases avant cette étape, et celui sur le choix des cryptomonnaies traite du « quoi acheter », que nous n’abordons pas ici.
Après l’achat : ne pas tout laisser sur la plateforme
Une plateforme agréée reste un intermédiaire qui détient vos clés. La ségrégation des fonds protège en cas de faillite, elle ne protège pas d’un piratage ni d’un gel temporaire des retraits. La règle admise consiste à garder sur la plateforme ce que vous utilisez à court terme, et à sortir le reste vers un portefeuille dont vous détenez la phrase de récupération.
Le seuil est une question de proportion, pas de montant absolu : dès que la somme représente quelque chose pour vous, elle mérite un stockage hors ligne.
Notre avis
La fin du régime PSAN est une bonne nouvelle pour les particuliers, et il faut le dire sans détour : le tri a été réel, environ un acteur enregistré sur trois n’a pas obtenu l’agrément. Mais ne confondez pas agrément et garantie. MiCA impose des règles d’organisation, pas une assurance sur vos avoirs. Nous préférons de loin une plateforme agréée, sobre, dont vous avez testé un retrait, à une marque très visible dont vous n’avez jamais vérifié l’entité juridique. Et la meilleure protection reste celle que personne ne peut vous retirer : ce qui n’est pas sur la plateforme ne peut pas y être perdu.
Questions fréquentes
Ma plateforme n’est plus autorisée en France, que faire de mes cryptos ?
Les prestataires non agréés devaient présenter un plan de sortie ordonnée permettant de transférer les avoirs vers un prestataire autorisé ou un portefeuille personnel. Si vous êtes concerné, effectuez ce transfert sans attendre et conservez les justificatifs pour votre déclaration.
Une plateforme agréée à l’étranger est-elle légale en France ?
Oui, si elle est agréée dans un autre État membre de l’Union européenne et exerce le passeport européen. L’agrément n’a pas besoin d’être français : il doit être européen et réellement détenu par l’entité avec laquelle vous contractez.
L’agrément protège-t-il mon argent en cas de piratage ?
Non. Il impose un cadre — organisation, séparation des avoirs clients, information — mais ne constitue ni une garantie de dépôt ni une assurance. Aucun fonds de garantie public ne couvre les crypto-actifs.
Faut-il vérifier son identité pour acheter ?
Oui, la vérification d’identité est obligatoire chez tout prestataire conforme. Une plateforme qui propose d’acheter sans aucune vérification se place hors du cadre légal, ce qui vous expose directement.
Combien de plateformes ont obtenu l’agrément ?
Environ 83 sur les 117 acteurs enregistrés sous l’ancien régime, soit près d’un tiers de disparitions. Ces chiffres évoluent : la liste de l’AMF fait foi à tout moment.





