Deux feuilles de papier blanc pliées en chevron, de tailles différentes, sur un fond bleu clair

Simulateur de renégociation de prêt immobilier

Mis à jour le

Renégocier son prêt pose deux questions, et la seconde décide de la moitié du gain. La première est connue : avenant de votre banque, ou rachat par une concurrente ? La seconde l’est beaucoup moins : que faire de l’économie — baisser la mensualité, ou garder la même et raccourcir la durée ? Sur le cas par défaut de ce simulateur, l’écart entre les deux stratégies atteint près de 2 000 €, et il grandit avec le capital. Ce simulateur chiffre les quatre combinaisons.

En bref

  • Les trois conditions habituelles : au moins 0,7 point d’écart de taux, plus de 70 000 € de capital restant dû, et se trouver dans le premier tiers du prêt.
  • L’avenant coûte quelques centaines d’euros de dossier. Le rachat ajoute les indemnités de remboursement anticipé et des frais de garantie : plusieurs milliers d’euros.
  • À taux égal, l’avenant gagne toujours. Le rachat ne l’emporte que si l’écart de taux obtenu ailleurs est nettement plus large.
  • Raccourcir la durée rapporte davantage que baisser la mensualité — le simulateur chiffre l’écart, que personne ne vous propose spontanément.
  • Le point mort indique au bout de combien de mois les frais sont remboursés : décisif si vous pourriez revendre.

Les deux stratégies, et pourquoi l’une gagne presque toujours

Quand votre taux baisse, la banque vous propose spontanément la solution la plus visible : la même durée, une mensualité plus faible. C’est agréable et c’est immédiat. C’est aussi la moins rentable des deux.

L’autre voie consiste à garder exactement la mensualité actuelle et à laisser la baisse de taux raccourcir la durée. Vous ne sentez rien au quotidien, mais vous sortez du crédit plus tôt — et chaque mois évité est un mois d’intérêts qui n’est jamais payé.

Sur les valeurs par défaut du simulateur — 150 000 € restant dus, quinze ans, un avenant qui ramène le taux de 3,9 % à 3,3 % —, baisser la mensualité rapporte 7 588 € nets ; garder la mensualité et raccourcir la durée en rapporte 9 518 €, en supprimant neuf échéances. Même opération, même taux, 1 930 € d’écart : la seule différence est ce que vous demandez à votre conseiller.

La contrepartie est réelle et mérite d’être dite : la stratégie « durée » n’allège pas votre budget mensuel. Si la renégociation vise justement à respirer, la stratégie « mensualité » est le bon choix — mais choisissez-la en connaissance de cause, pas par défaut.

Règle en bois clair posée à plat sur un fond bleu clair

Avenant ou rachat : ce que chacun coûte vraiment

La différence ne tient pas au taux, mais aux frais. Et l’écart est considérable.

Poste Avenant (votre banque) Rachat (autre banque)
Frais de dossier 300 à 500 € 500 à 1 500 €
Indemnités de remboursement anticipé aucune jusqu’à 3 % du capital, ou 6 mois d’intérêts
Frais de garantie aucun environ 1,2 % du capital
Total sur 150 000 € restants environ 400 € environ 5 700 €

Les indemnités de remboursement anticipé sont plafonnées par la loi : le plus faible des deux montants entre 3 % du capital restant dû et six mois d’intérêts au taux du prêt. C’est le seul poste dont le calcul est certain ; les autres sont négociables, y compris les frais de dossier. Pour un remboursement partiel avec votre épargne, notre simulateur de remboursement anticipé chiffre ces indemnités et le gain net, en réduisant la durée ou la mensualité.

Conséquence pratique : à taux identique, l’avenant l’emporte toujours. Le rachat ne devient intéressant que si la concurrente propose un taux nettement meilleur que celui que votre banque accepte de consentir. D’où la méthode : obtenir d’abord une offre écrite ailleurs, puis la présenter à votre banque. Elle n’a aucune obligation d’accepter — mais sans ce document, elle n’a aucune raison de bouger.

Le point mort, et pourquoi il compte plus qu’on ne croit

Si vous choisissez de baisser la mensualité, le simulateur affiche au bout de combien de mois l’économie mensuelle a remboursé les frais. Sur l’exemple par défaut, il faut dix mois pour un avenant — mais près de cent pour un rachat, dont les frais sont quatorze fois plus élevés.

C’est le chiffre à regarder si votre situation peut changer : mutation, agrandissement de la famille, revente. Une opération dont le point mort tombe à huit ans n’a de sens que si vous êtes certain de garder le bien au moins aussi longtemps. Sur ce que la banque examine lors du montage, voir ce que la banque vérifie avant d’accorder un prêt immobilier.

N’oubliez pas l’autre levier, souvent plus rentable

La renégociation du taux est spectaculaire mais lourde. Le changement d’assurance emprunteur, lui, est gratuit, se fait à tout moment et rapporte souvent davantage — sans toucher au prêt, sans accord de la banque sur le taux, et sans indemnités. Sur un crédit récent, l’assurance représente couramment un tiers du coût total. Notre calculateur d’économies sur l’assurance de prêt chiffre ce gain-là, qui se cumule avec celui-ci.

Si votre projet n’est pas encore signé, deux autres pages peuvent servir : notre simulateur de prêt à taux zéro et, pour la constitution du dossier, le prêt immobilier sans apport. Et si vous démarrez tout juste, immobilier : par où commencer pose les étapes dans l’ordre. Sur le traitement fiscal des frais liés au crédit, voir faut-il déclarer un prêt immobilier aux impôts.

Notre avis

La séquence qui marche tient en trois temps, et l’ordre compte. D’abord, faire chiffrer un rachat par une concurrente et obtenir une offre écrite — c’est votre seul levier, et il ne coûte rien. Ensuite, la présenter à votre banque en demandant un avenant : elle a tout intérêt à vous garder, et l’avenant lui coûte moins cher que de vous perdre. Enfin, et seulement si elle refuse de s’aligner, partir. Notre réserve porte sur la stratégie affichée par défaut par les conseillers : ils proposent presque systématiquement la baisse de mensualité, parce qu’elle se raconte mieux. Demandez explicitement le chiffrage à mensualité constante — il n’est jamais proposé spontanément, et c’est celui qui rapporte le plus. Dernier point, souvent décisif : si votre écart de taux est inférieur à 0,7 point, ne perdez pas de temps sur la renégociation et allez directement voir du côté de l’assurance emprunteur. Le gain y est fréquemment supérieur, pour une démarche dix fois plus légère.

Nos sources

Plafonnement des indemnités de remboursement anticipé — le plus faible des deux montants entre 3 % du capital restant dû et six mois d’intérêts au taux moyen du prêt : article R313-25 du code de la consommation. Absence d’indemnité en cas d’avenant au contrat existant : le remboursement anticipé n’étant pas caractérisé. Résiliation de l’assurance emprunteur à tout moment : loi n° 2022-270 du 28 février 2022. Les frais de dossier et de garantie retenus sont des ordres de grandeur de marché, négociables et non réglementés. Barèmes vérifiés au 2 septembre 2026. Ce simulateur est un outil d’estimation ; seul le chiffrage écrit de votre banque fait foi.

Questions fréquentes

À partir de quel écart de taux est-ce rentable ?

Le seuil usuel est de 0,7 point, mais ce n’est qu’un repère : il dépend du capital restant dû et de la durée restante. Sur un gros capital et une longue durée, 0,5 point peut suffire ; sur 50 000 € à cinq ans, un point entier ne rentabilise rien.

Pourquoi faut-il être dans le premier tiers du prêt ?

Parce qu’un prêt amortissable concentre les intérêts au début. Passé la moitié, vous remboursez surtout du capital : il n’y a plus grand-chose à économiser, quel que soit le nouveau taux.

Ma banque peut-elle refuser un avenant ?

Oui, sans avoir à se justifier. Aucun texte ne l’oblige à renégocier. Votre seul moyen de pression est une offre concurrente écrite — et la perspective, pour elle, de perdre le crédit et les comptes qui vont avec.

Les indemnités s’appliquent-elles aussi à un avenant ?

Non. L’avenant modifie le contrat existant sans remboursement anticipé : il n’y a donc rien à indemniser. C’est l’essentiel de son avantage sur le rachat.

Faut-il renégocier le taux ou l’assurance en premier ?

L’assurance, presque toujours : c’est gratuit, sans accord de la banque, faisable à tout moment, et le gain est souvent du même ordre. Les deux se cumulent, mais l’assurance est l’opération à faire même quand la renégociation ne passe pas.

Auteur/autrice

  • Elise

    Je suis Élise, passionnée de finances, d’immobilier et de crypto, et j’accompagne depuis plus de dix ans des personnes qui veulent mieux gérer leur argent. Mon objectif : rendre simples des sujets qui paraissent compliqués, sans jargon ni prise de tête. J’aime partager mes expériences, mes succès comme mes erreurs, pour vous éviter les pièges et vous aider à avancer plus vite. À travers Time2Money, je vous guide vers plus de sérénité financière, étape par étape. Ensemble, on transforme vos projets en réalité.

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